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Si Thierry Mugler n’est plus le directeur artistique de sa marque depuis 2002, celle-ci continue aujourd’hui d’habiller les plus grandes stars. Au cours de la Fashion Week parisienne 2011, c’est même Lady Gaga en personne qui s’était transformée en invitée surprise au défilé Mugler.

                Né à Strasbourg le 21 décembre 1948, Thierry Mugler, enfant rêveur et solitaire, délaisse très jeune l’école au profit du dessin. Dès l’âge de 9 ans, il pratique la danse classique puis rejoint à 14 ans les ballets de l’opéra du Rhin. Un univers artistique en entraînant un autre, il s’essaie aussi au théâtre, où il découvre la création de costumes et la mise en scène. Rattrapé par sa passion pour le dessin, il s’inscrit à la même période à l’école des Arts décoratifs de Strasbourg, pour y suivre des études d’architecte d’intérieur. Son diplôme en poche, il s’installe à Paris en 1969. Ses propres créations qui rendent son style si unique surprennent mais séduisent énormément. Il décide donc tout naturellement de s’essayer au stylisme de vêtements qu’il expose dans une boutique parisienne.

A 26 ans, devenu styliste indé­pen­dant, les plus grandes maisons de prêt-à-porter, de Londres à Barce­lone, en passant par Paris et Milan, lui ouvrent leurs portes. En 1973, il signe sa première collec­tion person­nelle, bapti­sée Café de Paris, à contre-courant des tendances du moment avec un retour à une femme hyper-fémi­nine, en équi­libre entre clas­si­cisme et moder­nité. L’an­née 1978 est marquée par ses premiers succès. Il habille les serveurs d’un des clubs les plus renom­més de l’époque, le Palace et ouvre sa première boutique à Paris, en même temps qu’il lance une collec­tion pour homme, réso­lu­ment moderne. Mais c’est surtout dans les années 1980–90 que Thierry Mugler acquiert une renom­mée inter­na­tio­nale. La presse le quali­fie de «créa­teur de choc» pour ses coupes révo­lu­tion­naires, qui toujours réin­ventent la séduc­tion et subliment la fémi­nité des  corps. Curieux de nature et touche à tout, il se passionne à la même période pour la photo­gra­phie et publie son premier livre, Thierry Mugler  Photo­graphe, en 1988 (s’en­sui­vra, en 1999, une mono­gra­phie, Fashion Fetish Fantasy, regrou­pant les photos de ses créa­tions).

En 1992, il réalise sa première collec­tion haute couture, en pensant chaque modèle comme  une œuvre d’art. La même année, après avoir rencon­tré la société de cosmé­tiques Clarins deux ans plus tôt, il crée Thierry Mugler Parfums et Véra Strübi, de chez Clarins, est nommée PDG de la nouvelle marque. La colla­bo­ra­tion de Véra avec le célèbre coutu­rier est fruc­tueuse et donne notam­ment nais­sance au plus grand succès de parfu­me­rie de Clarins, le parfum Angel, très remarqué pour son flacon complexe en forme d’étoile. Thierry Mugler marque aussi dans les années 1990 les esprits à travers plusieurs défi­lés consi­dé­rés comme mémo­rables où il parvient à hisser la mode au rang d’art visuel. Mais en 2002, il préfère s’éloi­gner de la mode pour explo­rer d’autres univers et confie sa marque et les  collec­tions de prêt-à-porter à d’autres stylistes.

De plus en plus investi dans les parfums, trois parfums notables viennent complé­ter Angel: A*Men (1996),  Mugler Cologne (2001) et Alien (2005), son second parfum pour femmes. Depuis, le créa­teur s’est asso­cié à plusieurs occa­sions à des marques de spiri­tueux pour créer des «Liqueurs de parfums» en lais­sant macé­rer ses parfums en fût de bois. Côté mode, Rose­mary Rodri­guez (de 2008 à 2011) et Nico­las Formi­chetti (ancien colla­bo­ra­teur de Uniqlo en 2009 mais surtout styliste de Lady Gaga) ont succes­si­ve­ment repris les créa­tions de la maison Thierry Mugler en main. Thierry Mugler, de son côté, a lancé son studio de créa­tion Le Studio Mugler et propose depuis d’ap­pliquer son savoir-faire au design d’in­té­rieur et à l’ar­chi­tec­ture.