Kai Löffelbein

Chaque année, des centaines de milliers de tonnes de déchets électroniques sont acheminées d'Europe et des États-Unis vers le Ghana, l'Inde et la Chine, au détriment de l'environnement et des personnes qui y vivent. Pendant cinq ans, le photographe allemand Kai Löffelbein a parcouru ces pays pour « montrer le problème à travers [son] travail et encourager les gens à réfléchir à leur consommation». Sa série, publiée dans un livre intitulé «Ctrl-X–A topography of e-waste», sera exposée lors du festival Photaumnales, à Beauvais, du 28 septembre 2019 au 5 janvier 2020.

Établi à Hanovre et à Berlin, Kai Löffelbein a étudié conjointement les sciences politiques et la photographie. Depuis, ses images s’attachent à montrer les logiques économiques et politiques qui régissent nos sociétés modernes.
En 2011, il entame un projet intitulé “CTRL-X” sur la dissémination des déchets électroniques, d’abord au Ghana puis en Chine et en Inde (Polka #42). “Tout a commencé dans le port de Hambourg, où j’ai découvert des tonnes d’appareils électroniques usagés en partance pour le Ghana.”, raconte-t-il.
Le photographe allemand poursuit aujourd’hui son travail au Nigeria, en Indonésie ou encore au Pérou. Par ailleurs, il est régulièrement invité par des ONG, des écoles, des universités à donner des conférences sur le sujet et ses photos ont, entre autres, été récompensées par un Unicef Photo of the year en 2011 et une bourse de la fondation Magnum en 2014.

A Accra, au Ghana, un garçon démolit un vieux téléviseur dans la décharge d’Agbogbloshie, afin de récupérer les métaux et composants électriques qu’il pourra revendre.

D’après l’ONU, près de 45 millions de tonnes de déchets électriques et électroniques ont été produits dans le monde en 2016. Ce sont dans des décharges à ciel ouvert d’Afrique et d’Asie que finissent nos vieux téléphones portables, télévisions et ordinateurs. En dépit de la loi européenne et au mépris de la santé des populations locales qui subissent les effets de cette pollution. Depuis 2011, Kai Löffelbein photographie les travailleurs qui désossent les rebuts de nos vies d’hyperconsommateurs.
Guiyu (Chine)
Guiyu (Chine)

Delhi, Mandoli (Inde)
Les "Photaumnales", festival photographique des Hauts-de-France ouvert du 21 septembre 2019 au 5 janvier 2020, consacre sa 16e édition à l’environnement. Avec "Terra Nostra, le temps de l’anthropocène", la photo se penche sur l’état de la planète.
Avec les soubresauts silencieux de la Terre, que l'homme a fini par blesser dans ses moindres recoins. Les photographes affluent, nombreux et engagés, au chevet d'une planète désormais installée dans l'anthropocène, " l'ère de l'Homme ", selon la dénomination proposée par le prix Nobel de chimie 1995 Paul Josef Crutzen pour définir une nouvelle époque géologique, dans laquelle les activités humaines bouleversent et refaçonnent globalement l'équilibre des écosystèmes. Et le festival "Photaumnales" les accueille à Beauvais , en proposant au public une immersion à l'écoute du pouls du monde.

cb