Minimalisme dans le dressing
Dans son livre Vers la sobriété heureuse, Pierre Rabhi dit « Surabondance et bonheur ne vont pas forcément de pair ; parfois même, ils deviennent antinomiques ».
Or nous, ce qui nous fait rêver, c’est d’avoir un tout petit dressing composé de vêtements que nous aimons vraiment et que la question de nos tenues vestimentaires ne prenne beaucoup de place ni dans notre esprit, ni dans notre maison. Oui bon, là, nous sommes loin du dressing féminin géant dont on nous parle si souvent, désolée … !
Comme le minimalisme en général (en décoration, en matériel de cuisine, en meubles …), c’est se détacher de l’abondance matérielle, pour ne plus avoir l’impression d’être englouti(e) par ce que vous possédez. Le proverbe « Moins mais mieux » résume un peu le principe : vous avez peu de vêtements, seulement ceux que vous aimez vraiment.
C’est un grand classique : dans nos piles de vêtements, nous ne portons (vraiment) que ceux se trouvant sur le dessus. Nous gardons ceux du dessous pour les « au cas où (un jour j’aurais besoin d’un t-shirt blanc/ de trois pulls qui ne craignent rien/ d’un jean en plus si jamais les trois autres sont sales/ …) ». Le problème c’est que la majorité de ces « au cas où » n’arriveront jamais. Ou dans le cas inverse, l’absence de ces vêtements ne sera pas dramatique. Alors cela vaut-il vraiment le coup de leur réserver une grande place dans votre maison, alors qu’ils pourraient servir à quelqu’un d’autre ?
  
Pour vous aider, pour chaque vêtement ou paire de chaussures, posez-vous ces questions :
 
– Depuis combien de temps n’ai-je pas porté ce vêtement ? Cela vous aide à sélectionner les vêtements (de la saison actuelle) que vous portez réellement. Une technique consiste aussi à pendre tous vos vêtements dans une penderie, en prenant soin d’accrocher les cintres à l’envers sur la barre. Quand vous portez un vêtement, remettez son cintre à l’endroit. Au bout d’une certaine durée que vous définissez (2 semaines par exemple), les vêtements dont les cintres sont encore à l’envers sont ceux que vous ne portez pas vraiment, donc qui ne vous sont probablement pas utiles.
– A quelle(s) occasion(s) vais-je porter ce vêtement ? Cette question est particulièrement utile pour les vêtements que vous réalisez ne pas porter beaucoup. Par exemple, même si vous ne l’avez pas portée depuis longtemps, une robe habillée va sûrement vous être utile pour des occasions comme un mariage, un cocktail, une fête, une sortie au restaurant, etc.
– A quelle fréquence cette occasion va-t-elle arriver ? Pas besoin d’avoir 10 robes habillées si vous n’avez pas 15 mariages prévus cet été ! Une ou deux suffiront largement.
– Puis-je utiliser ce vêtement de différentes façons ? Avoir un petit dressing sans s’en lasser, c’est aussi pouvoir adapter le port de nos vêtements, selon les occasions, la météo ou les envies. Par exemple, une chemise, selon qu’elle soit rentrée dans le pantalon (ou la jupe) ou non, peut avoir un look chic ou décontracté. Un autre exemple : une blouse blanche très transparente. En variant la couleur du débardeur que vous portez en dessous, vous ne vous en lasserez pas.
On ne se détache pas des 3/4 de son dressing en une heure (oui, c’est dur le changement!). Allez-y progressivement : faites plusieurs vagues de « désencombrement », à quelques semaines d’écart (comme vous le sentez) en vous posant à chaque fois les questions ci-dessus..
 

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Il y a de nombreux avantages à avoir une garde-robe minimaliste… Mais si vous ne savez pas par où commencer pour vous constituer la garde-robe minimaliste qui vous correspond le mieux, voici d’autres astuces:
La garde-robe minimaliste des unes ne ressemblera pas à la garde-robe minimaliste des autres, tant au niveau du contenu que de la quantité de vêtements, chaussures, accessoires… L’on peut cependant s’inspirer des méthodes utilisées par d’autres : par exemple, Courtney qui est à l’origine du Projet 333 propose de constituer sa garde-robe autour du chiffre 3, soit 33 pièces pour 3 mois. Pour Dominique Loreau, auteure de L’art de la simplicité, la garde-robe minimaliste tourne autour du chiffre 7: 7 tenues d’extérieur, 7 hauts, 7 bas et 7 paires de chaussures.
Il est essentiel d’adapter sa garde-robe à son mode de vie, à son métier et à ses loisirs. Le but n’est pas forcément de se débarrasser du surplus s’il y en a, mais peut-être de commencer par réaliser que l’on possède déjà ce qu’il nous faut, voire plus, et ainsi éviter d’acheter de nouvelles pièces pour rien.
Comme en parle Marie-France sur son blog Save the Green, il est important de choisir des couleurs qui nous font du bien. Certaines d’entre nous savent depuis longtemps et instinctivement quelles couleurs nous vont le mieux. Si ce n’est pas le cas, nous vous conseillons de prendre le temps de faire plusieurs essais, soit avec ce que vous avez déjà dans votre armoire, soit dans une boutique et de demander l’avis d’une personne en qui vous avez confiance et qui sera honnête avec vous.
Une fois que vous avez effectué des essais et trouvé les couleurs qui vous mettent en valeur, vous pouvez déjà faire un premier tri dans votre garde-robe, tout en gardant en tête la liste de vos besoins vestimentaires.
Beaucoup d’entre nous avons conservé de vieux vêtements, simplement parce qu’ils sont en bon état et/ou qu’ils nous vont encore… Pourtant, ces vêtements ne reflètent plus forcément notre style, notre âge, et/ou notre personnalité qui ont évolué depuis, ni notre morphologie.
Après cette seconde étape du tri, vous ajoutez les vêtements qui ne sont pas adaptés à votre morphologie à la pile des vêtements dont vous n’avez pas besoin et des couleurs qui ne vous vont pas.
Une fois que vous avez éliminé les vêtements inadaptés à vos besoins, les couleurs qui vous ternissent le teint, les formes qui ne vous mettent pas en valeur, les vêtements d’une époque révolue, les chaussures qui vous font regretter de ne pouvoir marcher pieds nus, les accessoires qui ne sont assortis à aucune de vos tenues, inutile de les garder sous prétexte qu’ils pourraient nous servir plus tard !
S’ils ne nous vont pas et que vous ne les avez pas mis depuis des mois voire des années, il y a peu de chance pour que vous vous resserviez un jour. Vient alors le moment de donner, vendre, voire échanger ce dont vous n’avez plus l’utilité.
Pour certains l’étape du tri est la plus difficile… pour d’autres, le plus compliqué c’est de ne pas se ré-encombrer. Donc pour commencer, il me semble important de bien organiser sa penderie/ses étagères/tiroirs à vêtements de manière à voir clairement tout ce qui s’y trouve et d’y avoir facilement accès. Pour dégager de la place, vous pouvez également, en fonction des rangements dont on dispose, stocker ailleurs (dans une valise, au grenier etc.) les vêtements que vous ne mettrez pas à certaines saisons.
En outre, pour minimaliser le nombre de pièces que vous possédez, vous pouvez privilégier celles qui s’adaptent aux 4 saisons, qui sont assorties les unes aux autres, ainsi que celles qui sont modulables. Ensuite, vous pouvez jouer avec les accessoires (ceintures, écharpes, bijoux etc.), moins encombrants et plus faciles à revendre ou à emprunter, pour donner un nouvel air à une tenue, la rendre plus sobre, ou au contraire plus originale.
Après tout ce désencombrement vous vous rendrez compte que vous avez aussi désencombré votre esprit. Vous ne vous me poserez presque plus la question « Quels vêtements je vais porter aujourd’hui ? » car vous n’aurez que des vêtements que vous aimez et qui vont tous ensemble. Vous saurez aussi exactement ce que vous avez dans votre dressing.
C’est aussi moins de travail : moins de rangement, de ménage, de poussière, de recherche DU vêtement parmi les dizaines d’autres. Quand vous partez en voyage, la valise est très vite faite : vous prenez (presque toute) la petite pile de vêtements et voilà !
Et c’est également beaucoup d’économies d’argent ! Vous réduisez drastiquement vos besoins vestimentaires et donc le budget que vous leur attribuez.